Dalat, 1er avril 2009
Après mon arrivée avant-hier après midi et près de 18H de bus, j’ai pu m’adonner à de magnifiques balades et profiter de ce que les français étaient venus chercher ici : de la fraîcheur. Cette ville à été « découverte » par le français Alexandre Yersin, certaines rues ici porte son nom encore, ce qui est assez rare pour le souligner. Il y a beaucoup d’anciennes villas françaises, ce qui montre le fort intérêt que les colons ont eu pour cet endroit. Sa situation géographique étant «exceptionnelle », ils ont même établi des cultures maraîchères qui prospèrent toujours actuellement.
La ville de Dalat en elle même n’est vraiment pas attrayante. Beaucoup de bruit, des immeubles construits n’importe comment, aucune harmonie dans l’urbanisme, immédiatement, cela rompt le charme d’une ville qui à cette situation.
J’étais venu ici, dans l’idée de retrouver l’esprit qui m’avait beaucoup touché à Darjeeling en Inde. Mais manifestement, ce fut une erreur de vouloir comparer ces deux villes. Seule leur histoire est similaire, mais leur situation actuelle est vraiment différente. Anyway. Comme dirait l’autre, si un endroit vous rebute, c’est que vous n’êtes pas allé chercher l’essentiel ou que les choses intéressantes vous ont échappé. Car il y en a toujours, il y a toujours des choses à voir, pour nous qui sommes étrangers.
La gare de Dalat
Hier donc, je me dirige, avec deux anglaises rencontrées dans mon hôtel, vers l’ancienne gare de Dalat. La marche est un peu longue, mais cela permet de faire vite le tour de cette « petite » ville. Nous sommes obligés de longer le lac, situé au cœur de la cité. Celui-ci à de vieilles allures effectivement d’un village des Alpes, avec au loin les montagnes qui se dessinent, une brise rafraîchissante qui vous parcourt le visage. Il y a même pour les amoureux, des balades possibles sur le lac, avec des pédalos en forme de cygne … kitsch à mourir.
En nous dirigeant vers le sud est, nous nous perdons une fois, puis nous trouvons, cachéau détour d’une route, ce petit bâtiment jaune, qui n’est autre que l’ancienne gare de Dalat, maintenant quasi désaffectée. Nous y entrons vers 13h, il n’y a personne à part nous trois. L’intérieur, le hall de gare, ressemble plus à un musée, qu’à un hall de gare, c’est cela qui est attrayant. L’aile droite, qui devait servir à l’attente des passagers ou à une autre fonction, est maintenant devenue une boutique. Dans le hall principal, trône de superbes fauteuils et canapés en cuirs ; ainsi qu’une voiture, estampillé Nations-Unies ! Puis il y a le guichet, toujours en fonctionnement, puisque la gare propose le voyage suivant : 8km pour rallier le village de Trai Mat. Le départ est à quatorze heures. Nous avons une petite heure d’attente donc.
J’en profite pour visiter une vieille locomotive qui marchait au charbon. Ici, contrairement en France, rien n’est interdit, pas de barrière, pas de chaine on peut faire ce que bon nous semble, dans la limite du raisonnable bien sûr. Je vais même marcher sur les rails, ce qui me rappelle le temps où avec Thomas et Hugo, nous marchions sur ces même type de rails, dans le 13ème arrondissement, du temps où derrière la BNF, il existait encore tout le monde du rail ; ce quartier si cher à Léo Malet à été complètement détruit, vive les promoteurs immobiliers !
Le trajet dure une petite demi heure. Nous en profitons pour contempler doucement la campagne. La zone qui borde le chemin de fer, est remplie de cultures, ici, tout y pousse quasiment. On voit les vietnamiens de la campagne, ces montagnards, qui cultivent « leurs » terres diront nous ; celle du gouvernement plus exactement ; l’envers du décor. C’est en tous cas une charmante campagne qui se dévoile à nous, beaucoup de vert, en pente et non en terrasse comme en Inde. Nous essuyons une méchante averse, mais nous sommes protégés, c’est vraiment la première fois que je goute à la pluie ici et pas mécontent que cela ne m’arrive pas sur la route.
Nous descendons dans le village de Trai Mat. L’intérêt principal de cette destination est sa pagode, importante pour la région. Lorsque nous disons pagode, il faut surtout s’imaginer un site religieux, dédié. Il y a toujours un temple attenant. Les pagodes ne sont pas systématiques, pourtant elles sont vraiment très imposantes et très belles.
Rien de ce que j’ai vu dans l’art religieux ne m’aurait préparé à ce décor. Ici, un travail d’enrichissement des lieux est systématique. Il y a beaucoup de couleur. C’est comme de la faïence, découpé en de multiples morceaux et apposés, afin de représenté une forme, un dragon par exemple sur une colonne. Toute la pagode est ainsi décorée.
Concernant le temple, il y a plus de simplicité que dans la pagode. Les lieux sont toujours semblables. Avant de rentrer, se déchausser. Passer les portes qui lorsqu’elles sont ouvertes, font entrer la lumière. Une grande salle vous accueillent. De forme rectangulaire, elle abrite en son sein, tout au fond, une représentation du Bouddha, assis. Devant lui, de l’encens qui brûle, pour les croyants. Sur les côtés, en hauteur, des représentations de la vie du Bouddha ornent les murs. Nous pouvons monter au premier étage et ainsi contempler la campagne environnante. C’est un lieu calme ici et surtout il y a vraiment peu de touristes. Rien à voir avec l’ambiance vécu à Hanoi pour voir de tels lieux.
Après être rentré à Dalat, je me balade seul, à la découverte du marché. Les marchés m’impressionnent ici et feraient rougir nos petits marchés de quartier à Paris. Moi qui n’ai pas connu Les Halles de Baltard, j’ose avancer sans crainte, que les marchés ici, fonctionnent probablement de la même manière. Pour celui de Dalat, il faut s’imaginer un énorme cube, bien moche en extérieur, mais tellement prenant dedans. Sur deux étages, il y a de tout. Le plus impressionnant, c’est bien sur le marché de la nourriture. Il y a des bouchers, des poissonniers. Il y a des tables de découpe. On vend de tout. Encore une fois, ce sont les femmes qui sont aux commandes ici ! Il y a aussi de la friperies à l’étage, les fruits et légumes au rez-de-chaussée, ainsi que le coin des épices, du riz, il y a même des restaurants. Une ville dans la ville. Partout, c’est le même système. De petits commerçants qui tiennent leur coin de boutique. On se faufile dans de toute petites allées. On est en contact avec tous, les odeurs, les gens, les regards …
Le soir venu, je m’éloigne de l’hôtel, pour trouver un coin plus sympa que ce que les guides recommandent. Je grimpe un peu donc et arrive rapidement vers une rue où il n’y a que des vietnamiens dans les restaurants. Bingo. Personne ne parle anglais et je vois apparaître sur les pancartes « Com » ou « Pho » (Riz ou soupe). Je m’asseois à une table dans un restaurant et je commande un succulent riz au travers de porc. 25 000 Dongs …
En rentrant à l’hôtel, un motard m’aborde, gentillement. Il se présente comme étant un Easy rider. C’est un groupe de motard, qui propose aux touristes de visiter la région. Ils sont très équipés, ont des programmes imprimés avec des prix fixes. Puis surtout des livres d’or à vous montrer si vous n’êtes pas convaincus ! J’avais songé, pour m’évader un peu à louer une moto à l’hôtel. 6$ la journée, mais je ne connais pas la région, je réfléchis vite, le bonhomme me plait, il sourit ne me brusque pas et je sens que je peux lui faire confiance ; je baisse le prix de 4$ et il me donne rendez-vous à 8h30 devant mon hôtel demain matin. Le trip coutera 18$ la journée …
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Le programme paraît chargé. Je n’ai pas tout noté, mais je prend à boire tout de même avec moi on ne sait jamais. Précaution.
La moto de mon guide qui s’appelle Thuong, est une honda, une 125CC. Elle paraît plus confortable pour faire de la route qu’un vulgaire scooter. Il me casque la tête et nous filons vers l’aventure.Premier arrêt, une pagode, dans la périphérie de Dalat. Je commence à reconnaître le style vietnamien. A l’entrée du site, des statues représentant Siddhartha, des dragons, des Bouddhas. L’intérieur est joli, on y voit plusieurs Bouddhas. Rapidement j’en sors, prenant de cours mon guide qui s’était pausé à un café.
Avant de repartir, il me montre une butte en face de la pagode. Il m’explique que c’est un ancien cimetière, ils sont en train de déplacer les ossements … pour construire un stade de Foot ! Je lui explique que nous avons fait la même chose à Paris il y a longtemps, mais que c’était pour des raisons d’hygiènes et non sportives.
Un peu plus loin, nous nous arrêtons vers un bâtiment religieux qui semble être une église catholique, mais qui n’en est pas une. C’est un temple Cao-daiste. C’est une religion propre au Vietnam, qui semble avoir pris le meilleur un peu partout. Le plus grand temple est basé à 80km de Saigon, au nord-ouest. Ici, c’est un modeste temple, le gardien vient d’arriver nous avons de la chance. Il y a de tout à l’intérieur, je teste une cloche d’assez belle facture et reste étonné par le bruit qu’elle procure.
Nous reprenons la route, je profites de cette superbe lumière, matinale, pour contempler la nature. Ici en montagne, il y a des lumières introuvables plus bas. Des couleurs propres à la montagne. Même si la région n’est pas très haute, elle en vaut le détour pour la qualité de sa campagne. Au détour d’un virage, nous tombons sur des troupeaux de vaches, tenues par leur berger, vaches à l’allure indienne plus que vietnamienne.
Puis, mon chauffeur me dépose en pleine nature. Il me propose de faire l’ascension d’une grosse butte et de profiter du panorama. Je m’exécute immédiatement car je me régale d’une telle aventure. Il n’y a personne autour de moi, juste la nature et moi. Un petit sentier permet d’accéder au sommet d’une butte dégarnie d’arbres. La vue est en effet imprenable d’en haut. On domine Dalat et tous les alentours. Une multitude de nuage semblent courir d’une direction à une autre. On entend le vent souffler intensément. Les hautes herbes ploient sous sa force et le paysage change à chaque instant. Les couleurs sont vives et puissantes, bleue, vert, jaune. On regrettera le passage et la trace de l’homme qui vient ici pour sûrement s’amuser, dépose et laisse ses déchets, lamentable.
Je redescend comme convenu un bon quart d’heure après. Je prend une mauvaise voie semble-t’il car je ne vois pas mon chauffeur sur la route. Je m’élance donc à pied, sur cette magnifique route de montagne, qui tantôt monte, tantôt descend, tantôt serpente, tantôt est longue et belle … Je marche une grosse demi heure, je fais demi tour puis il apparaît comme par magie.
L’avantage de ce système c’est que l’on est vraiment libre de faire ce que l’on veut. Pas trop de contraintes. L’inconvénient, c’est qu’on risque de se perdre, mais avec un peu de lucidité, on s’y retrouve toujours. Le prochain arrêt sera réservé aux visites des cultures. C’est une roseraie où l’on s’arrêtera en premier. On peut voir les vietnamiens en trains de couper et sélectionner les pousses.
Plus loin, c’est une culture de café que l’on visitera. Mon guide m’explique que depuis la fin de l’embargo américains dans les années 90, le Vietnam à pu rejoindre l’OMC et à pu commercialiser plus facilement avec l’extérieur.Pour finir la matinée, nous nous arrêtons dans une culture de Warm. C’est verre à soie sont prodigieux. La soie est une des marchandises importante liée à l’Asie. La production se fait ici, essentiellement, car la température y est optimum. Trop chaud ou trop froid, les bestiaux n’y survivraient pas ou ne pourrait pas manger les plantes, puis produire.
C’est chez des paysans que nous débarquons à chaque fois, leur maison est leur usine de fabrication. Ils ne semblent pas gênés par les flux des touristes, au contraire de moi qui ait un peu de mal à pénétrer chez eux ainsi. Mais ils ne demandent rien, ils travaillent simplement… Ainsi dans un coin de la maison, se tient de grandes nasses, empilés sur un ensemble. Dedans, sont stockés des dizaines de verres à soie. Au moment de mon passage, ils les recouvraient de feuillage, afin qu’ils puissent grignoter et produire de la soie. Je n’ai pas retenu les chiffres, mais cela semble impressionnant.
Après cela, pause déjeuner. Nous sommes à la campagne et mon guide m’emmène dans une petite gargotte. Nous prenons une soupe chacun à un prix imbattable : 15 000 Dong la soupe. De plus elle fut excellente et bien garnie. Après cette courte pause, nous chevauchons la moto à nouveau pour nous arrêter un peu plus loin seulement.
Thuong garde sa moto, le temps que je m’apprête à découvrir une spécialité de la région : une cascade. Le parking est sur les hauteurs de cette splendeur naturelle. Mais déjà, on entend le bruit qu’elle provoque. Un petit escalier est aménagé permettant aux visiteurs de descendre plus bas contempler de plus près cela. C’est donc une grosse balade d’une demi heure que je me propose. J’escalade des roches énormes, je saute à droite à gauche, j’arrive presque en face d’elle, c’est magique. J’aperçois un pêcheur, un sac plastique transparent lui recouvrant le corps et pêchant avec un petit fil à pêche. Je reviens sur mes pas et trouve un passage dans les cavités qui me permet d’approcher au plus près les chutes d’eaux. Je suis seul et non équipé. Je m’aventure là ou la roche est trempée. Mais j’en ai assez pour savourer cet endroit si incroyable.
Je remonte heureux comme un gamin de m’être aventurer dans un tel lieu. Je continue ma visite en me dirigeant à gauche vers un énorme temple bouddhiste. Les marches sont imposantes et le temple l’est lui aussi. Personne à l’intérieur. Cinq statues énormes m’attendent. On sent bien qu’elles sont modernes, mais le kitsch laisse la place à l’étonnement tant elles sont énormes. Le lieu et calme encore une fois, un vrai havre de paix ; seul les discussions de vieilles femmes assises à l’ombre vient nous signaler une présence humaine.
J’aperçois dans le jardin deux énormes Bouddha, vraiment la représentation divine ici est particulière, mais prenante.
Avant de repartir, je rejoins Thuong, il était assis à une boutique-maison, d’habits traditionnels d’une minorité ethnique. Je m’assois avec eux et tout de suite on me propose d’acheter des foulards et autres tentures. Je décline rapidement et poliment, mais je reste ébloui par la beauté des pièces qu’on me propose. Je me renseigne sur les prix … puis je cède. J’en prend une afin de contribuer à l’économie locale. Les produits sont fabriqués à la main, un vraie tissage, avec une machine artisanale.
Plus loin, nous débarquons dans une usine proposant la même chose à la différence que la qualité est nettement moins bonne puisque ce sont des machines qui conçoivent. Nous pénétrons à plusieurs sur leur lieux de travail. On retrouve les vers à soie, à la fin de la chaine de production en somme.
Il est l’heure de rentrer.
La balade à duré toute la journée, nous avons sillonné de magnifiques routes de montagnes au bitume parfait. Je ne suis pas mécontent de mon trip en moto. Même si j’aime bien faire les choses de mon propre chef, cette fois-ci je me rends compte que je n’aurais pas vu le quart de ce que l’on m’a proposé en une journée entière.
La gentillesse de mon guide et la liberté laisser au touriste permet vraiment de savourer cette journée. Au contraire de beaucoup d’endroits que j’ai fait ailleurs, ici, aucune pression n’est exercée pour acheter à tout prix lors des multiples arrêts. A votre bon cœur, M’sieur, Dames …
J’inscris un mot dans son livre d’or en espérant que cela pourra l’aider.
Je rentre fatigué et couvert de coups de soleil mais heureux et comblé de ma journée.
Demain, retour à la route. Cela fais maintenant une semaine que je ne fais RIEN. J’ai une longue étape en perspective, rejoindre Phan Thiet me coutera beaucoup d’efforts, mais j’ai vraiment à coeur d’y arriver.
Par Goyan.









Salut Goyan!
Content que ça se passe toujours bien :0)
Sinon, le rasoir faisait parti des choses trop lourdes dont tu t’es débarassé en début de séjour
Encore et toujours, merci pour tes récits, Go. Quelle souffle de tranquillité, de quiétude,… Bon courage pour la prochaine étape !!
En tout cas, il a gagné son surnom : « barbe rousse » !! :-p
http://www.rollerenligne.com/image/news/visuel_rennes_sur_roulettes_2009.jpg
Que du bonheur ! demain soir devine qui vient à la maison ? on parlera de ton trip, gros bisous de pierrette.
Merci pour ces récits circonstanciés et hauts en couleur… continue de nous faire rêver et de te faire plaisir !!!
mdrr
on voit bien la barbe là ^^
j’espère que tout va bien ^^ et de revenir en un morceau lol
allez bon courage ^^
ps: trop bien raconté ^^, on dirait que c’est tiré d’un livre lool
Bonjour Goyan,
J’ai bien ri à ta phrase « Cela fais maintenant une semaine que je ne fais RIEN »
Nous a te lire on a l’impression au contraire que tu as déjà vécu mille et une aventures merveilleuses
J’espère que la suite de son séjour se passe bien et à bientôt de te lire.
Coucou go,
on sait que tu vas bien !
mais on est impatient de lire la suite de ton voyage,
mais que fait le webmaster que l’on salue et remercie de faire le relais, bisous a tous ceux qui assurent ton intendance derriere les écrans en France, et à tous ceux qui aux vietnam essaient tes rollers et te manifestent de la sympathie
bien affectueusement
comment ca se fait que la couleur de ta barbe est pas la même couleur que t cheveux?